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Partager des données confidentielles, une gageure ?

15-03-2007 • Nombre de projets associés à des bases de données ne fonctionnent pas à cause de problématiques réelles ou fictives liées au partage de données confidentielles. Revue des bonnes pratiques.

 Constat > 

Une base de données est un outil de capitalisation de l’information. Elle structure et organise les données, et permet de réaliser des ajouts, des mises à jour, des suppressions et des recherches. En plus de ce socle structurel, la base de données facilite le partage des données. Il est donc nécessaire d’assurer la confidentialité des modes de consultation ou de diffusion afin d’encadrer ce partage. Or, le partage vient souvent s’opposer à la confidentialité, formant ainsi un paradoxe que nombre d’organisations peinent à éclaircir.
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Contre toute attente, partager l’information renforce la réactivité plus qu’il ne diminue le pouvoir… à condition que chacun soit sensibilisé et respecte les règles du partage. Ainsi, les organisations sont chaque jour plus nombreuses à choisir des solutions informatiques coordonnant différents processus métiers d’une entreprise. Ce sont les fameux ERP ou progiciels de gestion intégrés. Cependant, ces outils sont utilisés par des êtres humains. Leur appropriation peut ainsi s’avérer délicate.

La confidentialité est habituellement liée au secret professionnel : il s’agit dans ce cas de limiter les droits d’accès à certaines données – le plus souvent par des moyens électroniques. Mais, la notion de confidentialité est quelquefois utilisée abusivement pour des raisons liées à la résistance individuelle. Dans ce cas, la motivation pour partager les données est limitée. Le partage est alors associé à la crainte du vol ou du détournement d’information. Il est parfois bien difficile de faire le distinguo entre le secret professionnel et les craintes personnelles.

Le cas de figure le plus courant est celui du commercial qui ne souhaite surtout pas partager les informations sur ses clients de peur qu’un collaborateur indélicat empiète sur ses plates-bandes. Dans d’autres cas, il peut s’agir d’équipes de recherche ou de consultants qui associent le partage de l’information à une perte de pouvoir – ou plutôt qui le perçoivent comme tel.

Enfin, notons que la notion de confidentialité est également liée à la protection des données personnelles. Ainsi, le traitement d’informations à caractère personnel est soumis aux textes de la loi française Informatique et Libertés ou aux lois étrangères appelées plus communément data privacy. A ce titre, il n’est pas possible de traiter sous forme de base de données des informations liées à des personnes physiques (que ce soit des contacts en entreprise ou des particuliers) sans un minimum de cadre légal et sécuritaire.

 

 Objectif > 

Favoriser le partage d’informations confidentielles au sein d’une base de données

 

 Méthode > 

Phase 1 : élaborer un plan technique

Gérer les droits d’accès à la base de données

Utilisez l’ensemble des paramètres de gestion des accès par groupes. Ainsi, vous pouvez moduler les droits de lecture, de copie, d’écriture, de suppression… en attribuant des droits particuliers pour des groupes de personnes. Cette approche groupée est plus sûre et facile à mettre en œuvre que des accès au cas par cas. Elle nécessite par ailleurs une implication forte des ressources humaines qui doivent, selon un processus défini à l’avance, réaliser les demandes de mises à jour en fonction des mouvements internes, des entrées et sorties de salariés. La gestion des droits doit également administrer les autorisations de personnes externes à la société.

Protéger les données

Il s’agit ici de protéger la base de données dans son ensemble et non des parties de celles-ci. L’architecture informatique (réseau) doit empêcher toute copie, export massif ou intrusion dans les fichiers de données. La généralisation de l’Internet et des clefs USB sont deux facteurs qui fragilisent la sécurité de l’information : il est devenu facile de faire une copie d’un fichier et ensuite prendre tout son temps pour s’y introduire en essayant de multiples combinaisons.
 

Phase 2 : dresser un plan de gestion du changement

Elaborer une visualisation distribuée de l’information

Dans les organisations, le frein au partage le plus courant est lié à la résistance individuelle. La solution la plus courante est de fragmenter l’information ou de la rendre opaque. Ceci contribue largement à développer la capitalisation des données tout en prenant en compte les contraintes personnelles :

Fragmenter l’information

Certains champs confidentiels sont masqués pour l’ensemble des utilisateurs et visibles uniquement par l’auteur. Par exemple : le numéro de téléphone d’un client n’est pas affiché pour tout le monde.

Opacifier l’information

Certaines données d’identification sont simplifiées. Par exemple, au lieu d’afficher le nom et le prénom d’un contact, on affiche ses initiales (seul l’auteur du document peut lire les données complètes, mais ceux qui connaissent la personne la reconnaitront). Si l’information concerne une entreprise, on pourra remplacer le nom de l’entreprise par l’affichage de sa taille et de son secteur d’activité. Dans d’autres cas, un résumé donnera un aperçu d’une information par ailleurs enregistrée en détail. Cette opération est également évoquée sous le terme d’anonymisation.

Naturellement ces deux façons de visualiser l’information peuvent être utilisées en même temps.

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Conduire le changement

Pour motiver l’appropriation d’une base de données par des utilisateurs, il convient de réaliser un diagnostic personnel identifiant les freins pour chaque collaborateur ou service. On classera chaque champ (ou groupe de champs) à partager en trois catégories :
- les opposants catégoriques,
- les résistants conditionnels,
- les indifférents.
Pour chacun on évoquera les raisons de l’opposition au partage. Cette approche systémique déliera plus facilement les langues et facilitera la prise en compte de résistances personnelles difficilement avouées. Parallèlement, on procédera à l’identification des motivations réelles (besoins et envies) de chacun : à l’issue de ce travail, on déterminera les conditions de partage acceptées ou tolérées par tous. Une telle approche a par exemple permis à une équipe commerciale de prendre conscience que les contacts enregistrés dans la base clients de leur entreprise n’appartenaient pas plus à l’un qu’à l’autre : c’est la qualité de la relation entre l’agent commercial et son contact qui est la réelle valeur ajoutée. Or, cette relation est unique et ne peut être « volée ».

Ecrire et diffuser une charte interne

Ce document rédigé par l’entreprise reprendra les règles de partage des données en rappelant les droits et les obligations. La charte proposera des recommandations pour chacun. Elle pourra contenir également un rappel de la réglementation relative à la CNIL et à la gestion des droits de propriété (copyright).

Encourager

Dans certaines structures, les personnes devant mettre à jour et partager les données sont régulièrement notées sur leur travail de qualification de l'information. Dans certains cas, cette valorisation donnera lieu à un bonus sur la feuille de salaire.


Phase 3 : s’accorder avec la réglementation

Régulariser

La confidentialité des données est également soumise à la loi française Informatique et Libertés. Cette loi encadre de façon rigoureuse la protection des données personnelles. L’article 34 de la loi n° 2004-801 du 6 août 2004 précise que : « le responsable du traitement est tenu de prendre toutes précautions utiles, au regard de la nature des données et des risques présentés par le traitement, pour préserver la sécurité des données et, notamment, empêcher qu’elles soient déformées, endommagées, ou que des tiers non autorisés y aient accès. » La réglementation et les recommandations émises par la CNIL évoluent constamment. Ainsi, le 20 février dernier, la CNIL se prononçait en faveur de la création d’un nouveau numéro d’identification transcodé à partir du numéro de sécurité sociale (NIR). Il s’agissait d’anonymiser le NIR pour l’utiliser dans le dossier médical personnel (DMP). Une recommandation qui est désormais entre les mains des parties prenantes en charge du projet.

 

 

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